En covoiturage pour la capitale

Journal LA NOUVELLE REPUBLIQUE - Publié le 23février 2019  Par Gilbert Favreau

Au « cul » de la bétaillère en partance pour Paris, éleveurs et élus dont le président du Département, Gilbert Favreau. © Photo NR

Effervescence à l’heure du laitier, hier matin au Gaec Le Chatelet aux Groseillers. Roland Bienvenu, ses deux fils Sylvain et Simon, accueillaient une partie du troupeau deux-sévrien en partance pour le Salon de l’agriculture de Paris. Mutualisation pour alléger les frais de transport – auxquels participe notamment le Département des Deux-Sèvres –- une quarantaine de moutons venus des Deux-Sèvres, de la Vienne et de l’Indre ainsi que sept bovins de Gâtine, de Vendée et de Charente-Maritime, dont cinq parthenaises qui disputeront le concours d’animaux de boucherie devaient rejoindre la capitale l’après-midi. Le reste du troupeau prendra la route la semaine prochaine, dont une vingtaine de parthenaises qui participeront au concours de race vendredi prochain.

 
reportage département des deux sèvres

Covoiturage animalier direction le Salon de l'Agriculture !

6H ce matin aux Groseillers (79), point de ralliement pour une quarantaine de moutons et 7 bovins en partance pour le Salon international de l'agriculture. Une mutualisation pour alléger les frais de transport, auxquels participe notamment le Département des Deux-Sèvres.
Gilbert Favreau, président du Conseil départemental et Christophe Limoges, élu à la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres étaient présents chez les frères Bienvenu pour ce départ vers la grande ferme parisienne où se déroulera la traditionnelle journée deux-sévrienne vendredi 1er mars.

En covoiturage pour la capitale
La Berrichonne de l’Indre a le vent en poupe

La Berrichonne de l’Indre a le vent en poupe

Journal L'AURORE PAYSANNE - Publié le 22 juin 18  Par Mathieu Laforet

Vente geode/ La vente est souvent le théâtre d’une bataille âpre entre les producteurs, souhaitant acheter l’animal parfait pour leurs troupeaux. Loin de l’ambiance électrique des salles des ventes, l’EARL Parry proposait d’acquérir, mardi 19 juin, des béliers Berrichonne de l’Indre.

La chronique ovine /Le pâturage cellulaire et le parasitisme L’étude sur le pâturage en mini parcelles se poursuit au CIIRPO (Centre interrégional d’Information et de Recherche en Production Ovine) sur le site du Mourier (87). Depuis septembre 2016, les parasites de brebis conduites selon
deux modes de pâturage, tournant « classique » et cellulaire (appelé encore dynamique) sont observés à la loupe. Philippe Jacquiet,
enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse, explique que « les résultats obtenus lors de la première année d’observation indiquent que les brebis menées en pâturage cellulaire présentent des intensités d’excrétion d’oeufs de strongles gastro-intestinaux massives à certains
moments de l’année. De plus, à certains moments du suivi, l’intensité du parasitisme interne a été plus importante en pâturage cellulaire qu’en pâturage tournant. »
Des résultats qui se confirment
Les deux séries de mesures réalisées en 2018 indiquent les mêmes tendances. Lors du dernier prélèvement, le 28 mai dernier, l’excretion s’établit à 434 oeufs de strongles gastro intestinaux (opg) en moyenne sur les 41 brebis prélevées en pâturage tournant. Les matières fécales des 43 brebis
prélevées en pâturage cellulaire contenaient 612 opg. « Ceci signifie qu’il faut rester vigilant et que le pâturage cellulaire n’est pas un gage à lui seul d’un contrôle effectif du parasitisme interne au cours d’une saison de pâture, conclut le vétérinaire ».
Les résultats de la première campagne d’étude sont disponibles sur www.inn-Ovin.fr et www.idele.fr : « Pâturage cellulaire et parasitisme en production ovine : les enseignements d’une première campagne de suivi ».
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)


Pour les éleveurs de races à faible effectif, la préservation des populations et des standards génétiques est essentielle. Les éleveurs de la Berrichonne de l’Indre l’ont bien compris. Chaque année, sur l’exploitation de Gwen Parry à Martizay, se tient une vente de jeunes béliers.
La Berrichonne de l’Indre en séduction Accompagnée par l’organisme de sélection Géode, l’EARL Parry a été choisie pour être le centre d’élevage de reproducteurs pour la race au niveau national. Pour cette nouvelle édition, une dizaine d’éleveurs, originaires des quatre coins de la France, se sont déplacés pour faire leur choix parmi les mâles sélectionnés. « Le nombre d’animaux présents à la vente cette année prouve que nous sommes sur la bonne voie, explique Brigitte Parry, la mère de Gwen. La première année nous ne pouvions proposer que 18 béliers. Au cours de cette matinée, ils sont 40. » Il faut rappeler que la Berrichonne de l’Indre a failli disparaitre. Pas assez conformée en viande et des gigots trop petits pour les proposer sur le marché. Ce sont des producteurs passionnés qui, avec l’aide de Géode, ont réussi à relancer l’élevage. Désormais, la Berrichonne de l’Indre séduit de plus en plus, de par sa capacité à dessaisonner, qui ouvre de nouvelles perspectives économiques pour l’éleveur, mais également grâce à sa rusticité et son caractère. Eric Jeanneton, éleveur aux Hérolles, le constate, « ce sont des animaux très simples à mener. Je gagne un temps précieux. Ils sont très rustiques, s’adaptent très bien aux conditions difficiles, et puis les femelles sont très maternelles.

La Berrichonne de l’Indre a le vent en poupe (suite)

Auparavant, je produisais des races typées viande, j’ai vu la différence ! Je ne reviendrai plus en arrière. » Cet intérêt croissant se traduit directement sur les effectifs, comme le détaille Alexandre Brousseau, représentant de Géode. « Actuellement, la Berrichonne de l’Indre compte
1 000 brebis en France, avec des éleveurs répartis dans l’Ouest, le Centre, le Sud-est et les Landes. Mais je reçois plusieurs demandes d’agriculteurs intéressés pour intégrer la race sur leurs exploitations. La population d’individus actuelle ne nous permet pas de répondre à toutes les candidatures, mais je préfère largement faire face à ce genre de situation plutôt que de constater un désamour pour la race. » Conserver l’harmonie entre les éleveurs Pour cette vente, la volonté est de préserver une entente cordiale entre les éleveurs. Ce n’est pas une vente aux enchères, comme on peut le voir pour des races plus prisées comme le Charollais ou le Charmois. Chaque éleveur doit repartir avec le nombre de
béliers dont il a besoin pour son élevage. Ils possèdent les caractéristiques génétiques de chaque animal ainsi que leur filiation. Ils connaissent de ce fait la compatibilité par rapport à leur cheptel. Après une rapide observation des animaux en troupeau, les futurs acheteurs précisent leurs préférences. Chaque bélier est présenté ensuite individuellement, et chacun se positionne. Les éleveurs-apporteurs bénéficient du premier choix, les utilisateurs choisissent en dernier. Un simple tirage au sort départage les éleveurs qui ont jeté leur dévolu sur une même bête. Toutes les transactions se déroulent dans une ambiance bon enfant. Certains vont privilégier le port de tête, d’autres la taille ou encore la largeur de dos.
La multiplicité des critères est en adéquation avec les caractéristiques des élevages. « Des éleveurs vont vouloir avoir un bélier pour produire de la viande, d’autres qui privilégient les qualités de prolificité. Cependant, chacun d’entre nous souhaite préserver les standards de la race. Cette rencontre entre éleveurs de Berrichonne est intéressante, car nous pouvons échanger et nous améliorer. » Sept animaux ont été réservés pour participer à une étude menée par l’Inra sur le parasitisme. L’exploitation de Gwen Parry a en effet été choisie pour accueillir un lot d’animaux
en test. « C’est la deuxième année que je participe au protocole. L’objectif est d’observer les effets du parasitisme (strongles) sur les ovins. C’est pour cela que nous attribuons des jeunes béliers pour le centre de recherche. » A la fin de la matinée, tous les éleveurs présents sont repartis avec un ou plusieurs béliers, une bien belle journée pour la Berrichonne de l’Indre.

La Berrichonne de l’Indre a le vent en poupe (suite)

"Montmorillon : le grand voyage des moutons de Géode"

Source Journal Nouvelle République publié le 

Le savoir-faire ovin s’exporte : depuis Montmorillon, Géode vend des moutons en Mongolie, ainsi qu’en Iran malgré les tensions internationales.


L’organisme de sélection génétique ovine Géodebasé à Montmorillon, avait conclu en 2015 un premier contrat de vente de moutons vers l’Iran. Ces accords commerciaux se poursuivent-ils ?
Guy-Gérard Merlande, président de Géode. « Oui. En 2017 nous avons expédié 220 moutons en Iran et nous préparons un nouveau départ du même ordre pour le mois de juin. Nous ne subissons pas d’impact des récentes décisions de Donald Trump. On verra l’avenir évidemment. Il faut faire preuve de prudence. »
“ On envisage d’ouvrir un bureau à Téhéran ”
« En fait, nous sommes davantage touchés par la dévaluation de la monnaie iranienne, qui a perdu 50 % de sa valeur depuis 2015. Nos moutons leur coûtent plus cher. »
Quelles qualités les Iraniens cherchent-ils dans les moutons français ?
« Ils veulent augmenter la productivité de leurs élevages : il y a 55 millions d’ovins en Iran (environ 7 millions en France) mais peu de ressources fourragères. Leurs agneaux sont consommables à 18 ou 24 mois contre trois à quatre en France. Ils veulent diminuer le cheptel pour réduire la pression sur la ressource, tout en produisant autant de viande. »
Quelles sont les races exportées ? Comment s’acclimatent-elles ?
« Romanov, suffolk et rouges de l’ouest. Il n’y a pas de problème d’acclimatation dans les bergeries. Il fait plus chaud que chez nous, mais c’est sec. Il y a davantage de soucis sur l’accompagnement technique. Nous sommes en pourparlers pour former du personnel et on se déplace là-bas. Je m’y suis rendu deux fois pour résoudre des problèmes d’alimentation, de reproduction, etc. »

"Montmorillon : le grand voyage des moutons de Géode" suite

Qui sont vos clients en Iran ?
« Nous travaillons avec des sociétés privées, par le biais d’intermédiaires qui obtiennent les autorisations et les aides du gouvernement. Nous avons des relations dans la durée depuis 2015 mais elles dépendent de beaucoup de chose : de Trump, de leur gouvernement, du nôtre, de la monnaie, etc. Nous sommes en plein dans la mondialisation ! On envisage d’ouvrir un bureau à Téhéran pour résoudre des problèmes de langue, de distance et de barrière monétaire. »
Vous vendez aussi des moutons en Mongolie.
« Oui, 700 animaux en 2017. Leur situation est assez similaire à celle de l’Iran, avec un élevage nomade peu productif qu’ils veulent intensifier. Le contexte géopolitique est moins tendu. Nous venons de rencontrer le ministre de l’agriculture mongol qui est venu en France. Nous y allons cet été pour suivre le cheptel déjà importé et voir avec le gouvernement comment les accompagner au niveau sanitaire. Ils ont un programme à long terme, ils parlent de 5.000 à 6.000 animaux par an. »
Que représentent les ventes à l’export pour Géode ?
« Pour le moment c’est assez limité, notre premier marché est la France. Nous vendons aussi dans les pays européens. Mais le chiffre d’affaires des ventes à l’étranger a augmenté de 400 % l’an dernier avec l’Iran et la Mongolie. »

"600 moutons lorrains exportés en Mongolie"

Journal Républicain Lorrain - Publié le 20 juil 17

Six éleveurs de Meurthe-et-Moselle et du Saulnois ont envoyé 600 moutons en Mongolie. Les races locales ont séduit pour leurs nombreuses qualités.

À quatre mois à peine, 600 moutons du Saulnois et de Meurthe-et-Moselle ont effectué leur premier vol en avion. Direction la Mongolie ! En juin, les bêtes ont été expédiées au pied des yourtes, à la demande d’un industriel mongol. Dashzeveg Luvsandorj a souhaité créer sa propre bergerie et s’est lancé dans l’élevage de moutons. Le partenariat avec les éleveurs lorrains a pu se réaliser grâce à un organisme, baptisé Geode.

« L’élevage français a une très bonne réputation à l’étranger », détaille Joseph Remillon, éleveur et membre de Geode pour le Saulnois. « C’est certainement ce qui a séduit les représentants de ce pays. » Plusieurs races typiques ont été exportées sur place : des mérinos de l’Est, des berrichons du Cher, des suffolks et des romanov. Les mérinos de l’Est, notamment, ont attiré les regards de cette délégation. « C’est une race typique de chez nous. Les femelles sont de bonnes laitières, avec des qualités maternelles exceptionnelles. »

Un point non négligeable car, en février prochain, une première portée devrait voir le jour sur les terres mongoles. Pour parvenir à faire naître des petits sur place, 220 agnelles ont été envoyées pour 10 mâles seulement.

La volonté de l’industriel Dashzeveg Luvsandorj est réelle. Il souhaite apporter un « plus » à la population habitant dans ces contrées arides, au climat rude. La laine des moutons sera appréciée et réutilisée par la suite. Des modes de culture différents vont également être transmis aux agriculteurs sur place pour leur permettre de se diversifier.

Ce programme entre les éleveurs lorrains et la Mongolie prévoit un accompagnement personnalisé. Les éleveurs français ont prévu neuf déplacements sur trois ans.

Il y a quelques jours, une délégation mongole, composée de l’industriel et de représentants du ministère de l’Agriculture de Mongolie, ont découvert les installations de Joseph Remillon. Pour apprendre les bons gestes du savoir-faire français…

"Quand les moutons robustes de Lorraine s’exportent en Mongolie"

Source Journal Le Républicain Lorrain - Publié le 20 Juil 17 à 15:29

Un mécène mongol a décidé de se lancer dans l'élevage de moutons de qualité dans son pays et a choisi des bêtes françaises. 600 ont été expédiées par avion en juin.

Les moutons français ont visiblement très bonne réputation. Au point qu’ils séduisent… jusqu’en Mongolie ! Entre mars et juin, pas moins de 600 bêtes ont été expédiées par avion dans les steppes mongoles. Ce projet, né d’un partenariat entre l’organisme de sélection génétique ovine et de développement (Géode), l’association des éleveurs de Mérinos de l’Est et un mécène mongol, vise à développer l’élevage ovin de qualité dans ce pays aride d’Asie, rapporte Grain de sel.

Plusieurs races de moutons ont été choisies, précise Le républicain Lorrain : des berrichons du Cher, des suffolks, des romanov et des mérinos de l’Est, une espèce réputée pour sa résistance, notamment dans des territoires aux conditions climatiques difficiles (aridité, froid…), comme la Mongolie. « Les femelles sont de bonnes laitières, avec des qualités maternelles exceptionnelles », explique un éleveur de Moselle à nos confrères. 

Les éleveurs français ont prévu de se rendre à une dizaine de reprises en Mongolie pour suivre la période d’agnelage.

"120 brebis du Saulnois s'envolent pour la Mongolie"

Source Grain de Sel Saulnois - Publié le 12 juil 17

Le Saulnois se distingue encore ! Trois éleveurs de "Mérinos de Lorraine", race de moutons commune par ici, viennent d'exporter cent vingt agnelles et quelques béliers près d'Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie.

Une véritable expédition au départ de Guébling, Lezey et Conthil orchestrée par l'organisme de sélection génétique ovine et de développement (GEODE) et l'association des éleveurs de Mérinos de l'Est qui ont sélectionné 600 bêtes dans toute la France (dont 200 mérinos de Lorraine) pour un mécène mongol qui souhaite développer l'élevage ovin de qualité dans son pays.merinosavion

Handicapées par des conditions météorologiques compliquées, les races indigènes sont peu performantes. Les Mongols se tournent donc vers des espèces plus résistantes et le Mérinos de Lorraine semble l'animal idéal. Le système des bergeries est également très observé par les acheteurs mongols qui ne connaissaient pas ce mode de fonctionnement.

Ainsi, il y a un mois, par avion, nos brebis du Saulnois ont fait un long voyage pour se retrouver dans la campagne mongole et paître paisiblement dans les steppes d'Asie centrale.

mongolvisite

Dimanche dernier, l'acheteur, Dashzeveg Luvsandorj, accompagné d'un représentant du ministère de l'agriculture de Mongolie, d'un vétérinaire et de sa traductrice est venue à Guébling, dans la ferme de Joseph Rémillon, un des éleveurs du Saulnois engagés dans le projet, pour une rencontre de courtoisie et de travail après la vente.

En février prochain, nos éleveurs se rendront au pays de Gengis Khan pour un suivi technique prévu à la période d'agnelage.

"Géode exporte des moutons en Iran et en Mongolie"

Source Journal La nouvelle république - Publié le 30/04/2017 à 05:36 | Mis à jour le 02/06/2017 à 04:23

Spécialisée dans la génétique ovine, la coopérative montmorillonnaise Géode vient d’expédier des moutons en Mongolie et en prépare d’autres pour l’Iran.

Créée il y a une quarantaine d'années à Montmorillon pour répondre aux besoins d'une filière ovine en pleine croissance, la coopérative Géode, spécialisée dans la sélection génétique des meilleurs animaux, se tourne aujourd'hui vers l'étranger et enregistre des succès bien au-delà de l'Europe.
En novembre, un lot de 117 animaux s'est ainsi envolé pour la Mongolie : « Le ministère mongol de l'Agriculture cherche à augmenter la productivité des troupeaux, explique Guy-Gérard Merlande, président de Géode, avec des fermes pilotes dans lesquelles ils vont réaliser des accouplements entre les races locales et nos reproducteurs sélectionnés. C'est ce qui explique la multitude de races qu'ils ont achetées (suffolk, romanov, romanes, charolais, île de france, texel et lacaune lait) : chaque race a ses avantages par rapport au milieu, ils vont voir quel croisement donne la meilleure adaptation à leurs conditions. »

" Nous avons la meilleure génétique au monde "

Début juin, 300 autres animaux sélectionnés dans les 220 élevages adhérents à Géode prendront l'avion à leur tour, destination l'Iran. C'est la deuxième fois que la coopérative exporte vers ce pays, qui modernise son agriculture à la faveur de la levée des sanctions économiques. En avril 2015, 750 ovins et caprins avaient déjà rejoint les fermes iraniennes. “Ce nouveau contrat est distinct du premier, précise Guy-Gérard Merlande, nous vendons cette fois-ci à une fondation. Comme en Mongolie, leur objectif est d'améliorer la productivité de leurs races, de produire davantage de viande par quantité de fourrage consommé. »
Dans ce domaine, la qualité française se démarque : « C'est simple : nous avons la meilleure génétique au monde, explique Philippe Feugère, administrateur de Géode. Nous avons une base de donnée nationale, on peut remonter chaque bête sur cinq ou six générations. »
Cette richesse tient d'abord à la variété des troupeaux : « Nous avons conservé une cinquantaine de races, même si on en a perdu beaucoup. C'est grâce à des gens qui se sont battus pour les maintenir à une époque où on misait tout sur la standardisation des gigots. S'il ne nous restait aujourd'hui que trois races, on serait foutus. C'est un problème qui se pose chez nos collègues éleveurs de bovins (lait), où il ne reste quasiment plus que la prim'holstein. »
 Géode  entend développer les exportations mais son premier marché reste, de loin, celui des élevages français qui expriment des attentes spécifiques : « Nos éleveurs cherchent aujourd'hui des animaux plus rustiques, plus résistants aux parasites, plus autonomes [mise bas, allaitement des agneaux] et donc moins coûteux. »

"Retour aux sources pour la race charmoise"

Source La nouvelle république Publié le | Mis à jour le 

Une vente exceptionnelle de béliers de race charmoise se déroulait hier à Fontaines-en-Sologne. Une race née à Pontlevoy au XIX e siècle.


On a maintenant le bélier numéro neuf qui rentre sur le ring, un animal qui vous apportera de la valeur laitière, observez bien les gigots !Dans son micro, Geneviève Bouix, directrice de l'organisme de sélection Geode (*), détaille les caractéristiques des cinquante-quatre béliers mis en vente ce mercredi à Fontaines-en-Sologne. Toutes les qualités laitières et bouchères de ces représentants de la race charmoise sont passées au peigne fin.

Cousine de la race solognote, elle est née à Pontlevoy au XIX esiècle, « grâce à l'esprit éclairé d'Edouard Malingié »,explique Bernard Salvat, éleveur à Parthenay, dans les Deux-Sèvres, et président de la section charmoise à la Geode. C'est un retour aux sources pour cette vente qui se déroulait au lycée agricole de Montmorillon, dans la Vienne, les années précédentes.

" La charmoise est adaptée à l'évolution du marché "
« Les meilleurs agneaux de chaque éleveur ont été regroupés le 3 mai et ont été élevés de la même façon pendant 90 jours »,explique François Bernard qui a été choisi pour « mettre en station »les béliers. « Il faut s'en occuper, on est responsable des agneaux des autres, c'est assez stressant. Mais il faut rendre service à cette race ». « Cela permet d'exprimer leur potentiel génétique »,explique Bernard Salvat. La vente avait lieu à la fin de cette période de trois mois et dix-huit acheteurs sont venus de toute la France pour y participer, de l'Aveyron aux Ardennes, et même de Grande-Bretagne.
La mise à prix s'est faite à 420 euros pour des enchères moyennes de 500 euros, certaines s'envolent à 800 euros.
La race charmoise connaît un regain d'intérêt depuis plusieurs années. « C'est une espèce qui a une petite taille de carcasse et une bonne qualité de viande. Maintenant, on n'est plus des familles nombreuses autour d'un gigot, alors la taille de la charmoise est bien adaptée à l'évolution du marché », détaille Bernard Salvat. C'est ce que confirme Chantal Florentin, éleveuse de cette race depuis 2002 dans les Ardennes, « je ne regrette pas du tout mon achat d'il y a quinze ans ».
Au total, trente et un moutons auront trouvé preneurs sur cinquante-quatre.

(*) Génétique ovine et développement.

le chiffre
> 800 euros, c'est le prix record atteint par les quelques béliers les plus chers hier à Fontaines-en-Sologne. « J'ai payé cher, mais j'ai eu le numéro 25, et c'est celui que je voulais », explique Gilles Roux, éleveur de Charmoix dans la Creuse depuis quatre générations. Il fait partie des standards de la race, « mais il a le cou peut-être un peu trop long, regrette-t-il, il n'y a pas de mouton parfait de toute façon ».

 Marguerite Nebelsztein

 

"A Charly (18), le Berrichon du Cher résiste"

Source Plein Champs Publié le 01 mars 16 Raphaël Lecocq

Laurent et Nicolas Aubailly sont éleveurs sélectionneurs d’ovins Berrichon du Cher. L’érosion des troupeaux ovins pourrait finir par porter tort à une activité de sélection plus que cinquantenaire. Mais Charly résiste à l’adversité.

600 : c’est le nombre de brebis de race Berrichon du Cher répertoriées aujourd’hui en sélection dans le département du Cher. Il y a quelques dizaines d’années, l’effectif dépassait les 5000 bêtes et le concours de Bourges (18) permettait à dizaines d’éleveurs éleveurs sélectionneurs de se « jauger » et de faire valoir leur savoir-faire. En 2016, le paysage a bien changé. Il faut « monter » à Paris pour trouver à se frotter à des compétiteurs, en provenance d’autres départements. La race Berrichon du Cher aurait-elle un problème ? « Les fondamentaux de la race sont excellents », rétorque Laurent Aubailly. « C’est une excellente race à viande, qui offre beaucoup de croissance, avec des carcasses peu grasses et totalement conformes, qui fonctionne bien en croisement et qui enfin s’adapte parfaitement en bergerie comme en pâturage ». « Le schéma de sélection est très bien organisé, renchérit son frère Nicolas. Il y a beaucoup de brebis inséminées et de béliers en sélection individuelle ».

La charrue après les moutons

Le problème, c’est la charrue. La charrue ? « La charrue oui. L’élevage ovin étant de moins en moins rentable, les éleveurs retournent les prairies et cultivent des céréales ». Laurent et Nicolas Aubailly connaissent le sujet. Ils exploitent eux-mêmes 170 ha de grandes cultures, aux côtés de 100 ha de prairies. Un troupeau allaitant de 80 charolaises complète l’élevage de 110 Berrichon du Cher, histoire de diversifier les revenus. Ou les pertes. Céréales, viande bovine, viande ovine : tout compté, c’est un peu la loi de profitabilité minimum en ce moment. La sélection génétique est un autre élément de diversification. La Salon de l’agriculture, c’est donc important. Laurent et Nicolas Aubailly présentent trois femelles et quatre mâles. Résultats du concours, organisé ce mardi 1er mars :  1er Prix en agnelle, 1erPrix en qualité de lait, 1er Prix en challenge national Upra, 2ème Prix en mâle. Le Berrichon du Cher peut compter sur les berrichons.

Publié par RAPHAËL LECOCQ

L’Iran, nouvel eldorado économique pour les éleveurs limousins ?

L’Iran, nouvel eldorado économique pour les éleveurs limousins ?

Source Journal Le Populaire du Centre Publié le 12 oct 15 à 19h52

La levée des sanctions économiques contre l’Iran offre des opportunités économiques importantes, voire insoupçonnées, dont le Limousin espère bien pouvoir profiter.

Après avoir brouté l’herbe des prés de Saint-Etienne-de-Fursac, une quarantaine de moutons mâles creusois a pris l’avion il y a quelques mois pour rejoindre une ferme expérimentale installée dans les montagnes iraniennes, à 1.800 mètres d’altitude. Une belle histoire pour Michel et Catherine Bataille, éleveurs ovins dans l’est de la Creuse.

Car si la levée, cet été, des sanctions financières à l’encontre de l’Iran, géant de quelque 80 millions d’habitants, éveille les convoitises de grands groupes industriels comme PSA, Renault, Total ou encore Airbus, elle offre également des opportunités dans une multitude d’autres secteurs, à commencer par celui de l’agriculture.

La génétique française suscite les convoitises
En France, ils ne sont aujourd’hui plus que deux agriculteurs à élever des brebis Romanov. Une race d’origine russe, introduite dans l’Hexagone dans les années 60 pour faire bénéficier de sa prolificité, mais dont les gigots, plus longs que ceux des autres races, sont moins valorisés.

C’est en 2003, après que la moitié de leur troupeau a été décimée par la tremblante du mouton, que Michel et Catherine Bataille ont décidé de faire appel à des Romanov pures. Une race que le couple connaissait depuis les années 90, pour avoir croisé des brebis Romanov avec des mâles Ile-de-France. « Nous voulions partir sur de la race pure et nous avons pris celle-ci pour ses performances en terme de naissance et aussi pour éviter qu’elle ne tombe dans l’oubli », explique l’éleveur creusois.

Les talents de reproducteurs de l’ovin d’origine russe n’ont pas laissé insensibles les pays étrangers. Et après le Canada, où le couple Bataille avait envoyé des semences, c’est l’Iran qui s’est intéressé à la race Romanov. Début 2014, les premiers contacts ont été établis avec des investisseurs iraniens, via la coopérative Geode (GÉnetique Ovine de DÉveloppement) de Montmorillon, dans la Vienne, à laquelle adhère l’agriculteur. « Nous avons en France les meilleurs schémas de sélection au monde et beaucoup de pays étrangers sont intéressés par la génétique française », confirme Arlette Brachet, directrice de cet organisme national reconnu par le ministère de l’Agriculture.

Jusqu’à présent, les 70 millions de brebis que compte l’Iran sont essentiellement issues de troupeaux nomades. Le projet expérimental porté par plusieurs investisseurs iraniens vise à sédentariser l’élevage des ovins. « Pour développer la productivité et faire avancer plus vite leur projet, ils avaient besoin d’une race prolifique », explique Michel Bataille, qui voit dans ce projet « un beau challenge et une reconnaissance du travail réalisé ».

Pour mener à bien leur initiative, les porteurs de projet iraniens ont fait venir, en trois vols, un millier de brebis et moutons, dont une quarantaine de béliers Romanov issus de l’élevage du couple Bataille.

Un premier essai qui pourrait en appeler d’autres dans les mois à venir. « Les investisseurs sont encouragés par le ministère de l’Agriculture iranien et nous avons déjà des offres pour 2016 », assure Arlette Brachet.


L’objectif de l’État iranien est de diminuer l’élevage en plein air, qui renforce les problèmes d’eau de ces régions sèches, et d’aller vers de l’élevage plus intensif d’agneaux de bergerie plus à même de répondre à leurs besoins.

Un débouché dans lequel l’agriculture française en général, et limousine en particulier, pourrait avoir son mot à dire.

Entretien : « L’Iran est un pays d’avenir, ouvert aux produits occidentaux »
Noury Boualem, est conseiller à l’international pour la chambre de commerce et d’industrie de Limoges et de la Haute-Vienne. Il fait le point sur les nouvelles opportunités commerciales au Moyen-Orient.

 

L’Iran, nouvel eldorado économique pour les éleveurs limousins ? (suite)

Quelles sont les entreprises limousines qui sont présentes au Moyen-Orient ?

« Historiquement bien sûr, ce sont les porcelainiers qui se sont présentés sur ces marchés, mais aussi quelques entreprises de produits agroalimentaires. Madrange, par exemple, exporte du jambon depuis plus de 15 ans aux Émirats, au Qatar et un peu au Koweit, essentiellement pour les expatriés qui vivent nombreux dans ces pays. Le Limousin exporte aussi des pommes, de la confiture, des champignons, des condiments, des éléments de décoration intérieure… La région exporte aussi des services. Les Haras de Pompadour interviennent par exemple auprès des haras de ces pays où les gens sont très attachés au cheval.»

Le cas des éleveurs de Saint-Étienne-de-Fursac ouvre-t-il de nouvelles voies commerciales pour les entreprises de la région ?

« Traditionnellement, les marchés du Moyen-Orient étaient connus pour être des marchés de niche pour les produits de luxe et haut de gamme. Aujourd’hui, ces pays sont en mesure d’accepter des produits moyen de gamme. Le marché d’avenir, c’est effectivement l’Iran, même s’il reste encore beaucoup à faire sur le plan géopolitique. C’est un marché énorme de 70 millions d’habitants qui ont un certain pouvoir d’achat et qui sont ouverts aux produits occidentaux. L’autre pays d’avenir, c’est le Qatar, mais c’est un petit marché. C’est beaucoup plus compliqué en revanche pour l’Égypte et le Liban qui sont actuellement très secoués.»

Que fait la région pour aider les entreprises à s’implanter sur ces marchés ?

« Des actions ont été menées depuis une vingtaine d’années pour amener les entreprises dans ces pays. Il y a eu une première vague d’entreprises qui ont bénéficié de cet appui du conseil régional sur une dizaine d’années. Mais globalement, les entreprises restent dans des schémas de marchés d’opportunité. Elles ne sont pas dans des logiques d’implantation, plus pérennes. C’est difficile pour les petites entreprises qui ont toujours besoin d’intermédiaires pour s’implanter et ses intermédiaires ont leurs propres intérêts… »

Comment remédier à cette situation ?

« Nous travaillons sur un projet de création de filière commerciale destinée aux PME qui n’ont pas les moyens d’avoir leur propre structure. Cette filière permettrait d’importer des produits limousins pour les distribuer en direct, sans attendre qu’un distributeur veuille bien le faire. »

Y aura-t-il une prochaine mission économique vers le Moyen-Orient ?

« Oui, en 2016, nous comptons faire une opération sur les Emirats-Unis et l’Iran. »

Anne-Sophie Pédegert & Maxime Escot

L’Iran, nouvel eldorado économique pour les éleveurs limousins ? (suite)

"Au comice, le bélier solognot s'arrache !"

Source La nouvelle république Publié le | Mis à jour le 

Quelque 70 béliers étaient mis en vente hier à Neung-sur-Beuvron. Une sorte de jeu des 10 familles, très encadré, pour la préservation de l’espèce.


Les béliers solognots s'étaient levés tôt hier matin à Neung-sur-Beuvron. Plus encore, les éleveurs, dont certains n'avaient pas hésité à faire huit heures de route aller-retour pour participer à la grande vente de Geode, l'organisme de sélection génétique ovine et développement.

Dans les boxes, 68 Solognots, séparés par familles. C'est qu'à ce jeu des familles-là, mieux vaut ne pas se laisser porter par le hasard rappelle l'organisatrice de la vente : on ne plaisante pas avec les risques de consanguinité.

Préserver l'espèce
A l'issue de plus de 2 heures de vente, certains repartiront bredouille, à l'image d'Alain Rousseau, d'Orléans. « Les prix sont prohibitifs par rapport à l'utilisation que j'en ai », déplore l'éleveur amateur du Loiret, qui tablait en arrivant sur une fourchette de prix de 200 euros. Le prix fixe est en réalité de 330 euros.
Et mettre le prix ne suffit pas toujours. Les éleveurs sélectionneurs qui apportent des béliers sont prioritaires, suivis par les éleveurs au contrôle de performance, les adhérents, et enfin, en quatrième position, les « utilisateurs ». Arlette Brachet, la directrice de Geode, avait d'ailleurs prévenu avant que la vente ne démarre : « Ça va être une vente très active, mieux vaut ne pas attendre la fin ».
Dense, aussi, puisque le nombre de béliers proposés était en hausse de 20 % par rapport aux ventes habituelles. « On a une race qui progresse,apprécie la spécialiste du chemin génétique des ovins. Aujourd'hui, les acteurs du paysage, de l'éco-pâturage, même pour les terrains militaires s'intéressent au mouton solognot. »A l'image de Philippe Feugère, qui est venu du Bourget pour choisir deux nouveaux béliers pour son exploitation Plaine Environnement où pâturent désormais pas moins de 150 moutons solognots…

La famille 7 prisée cette année
Françoise Colson a, quant à elle, fait le déplacement depuis la Saône-et-Loire, destination la Sologne, comme une fois par an, depuis 19 ans. Objectif : assurer la reproduction de son troupeau, une « race rustique, qui s'adapte bien au sol humide, une racetrès belle »,surtout, apprécie-t-elle. En attendant le tour de la famille 7, cinq bêtes, visées par au moins 4 éleveurs, cette dernière observe les béliers, « la grosseur, l'aspect général de l'animal, s'il est bien conformé »,mais aussi le pedigree de l'animal, son indice d'élevage, note de pointage, aplomb, épaule, jusqu'à l'évaluation « gigot », qui figure au catalogue des ventes. Certains éleveurs, sont venus de loin, de la Drôme ou du Jura notamment, mais tous ne repartiront pas avec le bélier souhaité.

Pour Françoise Colson, ce sera le 2 echoix à l'issue d'un tirage au sort. En tout cas, elle aura pu recroiser d'anciennes connaissances : ses propres béliers, cédés lors d'une précédente vente. Entre Solognots, on reste finalement toujours un peu en famille…

Laurence Texier

"Des centaines de chèvres et moutons de France en route vers l’Iran"

Source AFP- Publié le 22 avr 15 à 15:30 | Le Point.fr

Près de 750 ovins et caprins d'élevages du Poitou-Charentes sont partis lundi à destination de l'Iran dans le cadre d'un programme d'intensification de l'élevage, marché exceptionnel pour les bergeries de la région, a indiqué mercredi une responsable du secteur. Le lot de 632 chèvres et 113 moutons est issu pour la plupart d'élevages de la Vienne et des Deux-Sèvres (Poitou-Charentes).

"C'est le plus gros marché à ce jour pour Géode", a indiqué Arlette Brachet, directrice de l'organisme de sélection Géode (Génétique et Développement) de Montmorillon (Vienne). Géode a passé "un contrat de partenariat et d'exclusivité, qui s'inscrit dans un accord de coopération entre les ministères de l'Agriculture" de France et d'Iran, a précisé Arlette Brachet.

À Montmorillon (Vienne), où est situé le siège de GEODE, cette exportation hors Union européenne est aussi une première. "C'est la première fois que nous envoyons autant d'animaux aussi loin (5500 km), hormis la Guadeloupe", a ajouté Arlette Brachet. L'organisme a été "contacté en février 2013 par le ministère iranien de l'Agriculture" qui mène "un programme d'intensification de l'élevage" et souhaite passer d'un élevage nomade à un élevage plus intensif, "rassembler les moutons dans des zones fertiles irriguées", avec des "races adaptées", a-t-elle expliqué.

Et c'est dans la région Poitou-Charentes qu'ils ont trouvé ces animaux : des chèvres "Saanen et Alpines", des brebis "Romanov", "Suffolk" ,"Rouges de l'Ouest". Ces animaux ont été sélectionnés pour leurs qualités reproductives, laitières et bouchères.

Ils ont pris le départ lundi matin d'un élevage de Lusignan (Vienne) et de la bergerie de Montmorillon (Vienne) pour être acheminés par camions vers l'aéroport de Cologne en Allemagne, où ils ont embarqué mardi soir à destination de Téhéran.

Une autre commande de l'Iran, portant sur 300 chèvres, devrait être finalisée d'ici la fin de l'année

"Désaisonnement naturel - Berrichon de l'Indre, une race sans artifice"

Source Magasin Patre Publié 7 déc 10 à 11h11 | Par L.Geffroy

Désaisonnement naturel - Berrichon de l'Indre, une race sans artifice
La famille Parry utilise la race Berrichon de l'Indre depuis 30 ans. Une brebis maternelle, docile et qui n'a pas besoin d'éponges : trois qualités appréciées de ces éleveurs du Centre.
Abonnez-vous Réagir Imprimer Envoyer
Les mises bas sont faciles car les agneaux sont longs et les brebis ont beaucoup de lait.
Les mises bas sont faciles car les agneaux sont longs et les brebis ont beaucoup de lait. - © L.GEFFROY
Les trois quarts des races ovines désaisonnent grâce aux hormones, alors que la brebis Berrichon de l'Indre désaisonne sans éponges », témoigne Brigitte Parry, de Martizay dans l'Indre. L'éleveuse, qui cultive aussi des céréales, utilise la race depuis son installation il y a une trentaine d'années. Elle a commencé avec 100 brebis et 22 hectares, après une formation à l'école de bergers de Montmorillon, dans la Vienne. C'est une fervente défenseuse de cette brebis qu'elle a découverte lors de son stage. « M'installer à la suite de mon père qui avait des vaches laitières, c'était mieux que de travailler à l'usine de couture comme mes voisines », explique-t-elle.

Depuis 1999, son fils Gwen l'a rejointe dans le Gaec Parry. Il est devenu le chef de l'exploitation et a agrandi la surface qui atteint 180 hectares (dont 34 ha de surfaces fourragères) et a augmenté la troupe ovine à 280 brebis. Gwen a souhaité conserver l'atelier ovin et surtout la race Berrichon de l'Indre, même si elle est peu commune. « Avec une autre race, j'aurai eu forcément moins de brebis à cause de la charge de travail », explique-t-il. Cette brebis de grand format est bonne marcheuse, docile, et se manipule aisément. Ses qualités maternelles sont appréciées de Gwen. « Les mises bas sont faciles car les agneaux sont longs et les brebis ont beaucoup de lait. On n'utilise aucun biberon. Par contre, on réalise beaucoup d'adoptions, ce qui demande d'être présent au bon moment. » Les éleveurs font plusieurs fois le tour de la bergerie la nuit en période d'agnelage afin d'éviter que les brebis ne se volent les agneaux.

L'agnelage principal du Gaec Parry a lieu en automne en bergerie, et le plus petit pour les agnelles en janvier-février. « Avec cette race, on peut faire agneler quand on veut, mais si on ne fait pas de vente directe, comme la conformation des agneaux est moyenne (R2/R3), il vaut mieux commercialiser à une période où il y a peu d'agneaux sur le marché, entre Noël et Pâques », explique Jean-François Renaud, technicien à la chambre d'agriculture de l'Indre. Gwen Parry écoule ses agneaux en Baronet via le GIE Berry-Limousin. Malgré tous ses avantages, la Berrichon de l'Indre ne compte plus que 800 brebis en race pure. L'effectif a décliné lorsque les races bouchères sont arrivées dans le département.

« Les commerciaux trouvaient que les agneaux ressemblaient à des chèvres et n'en voulaient pas, ils nous disaient qu'il fallait faire du gigot », se souvient Brigitte. Ce faible effectif oblige aujourd'hui les six éleveurs professionnels tous situés dans le département — sauf un dans les Landes — à utiliser un plan d'accouplement raisonné avec un logiciel mis au point par l'Institut de l'élevage pour les races à petits effectifs, afin de mieux gérer la reproduction et éviter la consanguinité. Les éleveurs « amateurs » qui ont quelques brebis sont également inclus dans le programme.

La race cherche à recruter de nouveaux éleveurs, même pour de petits troupeaux. « Elle a longtemps été portée par trois éleveurs, se remémore Brigitte. Elle s'est essoufflée mais depuis qu'elle a été reprise par l'organisme de sélection Geode (1) il y a quatre ans, il y a plus de suivi. » Les éleveurs jouent le jeu et déclarent les mâles et les femelles mis en lutte. L'an prochain, une famille supplémentaire portera le nombre à 10, un éleveur de 400 brebis ayant introduit 40 Berrichons de l'Indre dans son troupeau cette année pour produire en contre-saison. Il sera alors plus facile de faire tourner les béliers. Le centre d'élevage est situé sur la ferme de Martizay et il faut noter que tous les béliers qui rentrent sont commercialisés depuis deux ans. Certains éleveurs utilisent la brebis Berrichon de l'Indre en croisement avec des béliers Île-de-France ou autre race bouchère.

Ainsi, le Gaec Parry a récemment vendu 30 agnelles à un éleveur de Vendée qui compte faire du croisement avec du mouton vendéen car il en a assez de poser des éponges, avec des résultats moyens. « La race répond aux exigences d'aujourd'hui, avec des exploitations plus grandes et une main-d'oeuvre plus faible et une intervention moindre sur le troupeau », constate Jean-François Renaud.

Côté alimentation, l'avantage de la race est qu'elle valorise très bien les fourrages grossiers comme la paille. À l'origine, elle était élevée sur la Champagne berrichonne et se nourrissait des sous-produits des cultures. C'est encore le cas à Martizay, puisque les brebis sont nourries avec du foin et de la paille, des céréales et des petits pois produits sur l'exploitation.

Chiffres clés 2009 du Gaec Parry

. Effectif moyen : 280 brebis
. Chargement : 1,24 UGB/ha
. Prolificité : 172 %
. Productivité : 159 %
. Charges alimentaires par brebis : 38 euros
. Concentrés par couple mère-agneau : 180 kg
. Prix de vente moyen de l'agneau : 104, 21 euros
. Poids moyen par agneau : 18,7 kg
. Commercialisation via GIE Berry Limousin, en Baronet du Limousin